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Province de Liège

Dans un vieux "Guide de Liège avec plan" qu'il préfaça, le joliment prénommé Olympe Gilbart, ancien échevin, égrène l'histoire de sa ville, porteuse de tous les motifs de cette fierté qui émeut tellement les habitants de l'ardente Cité... et énerve tellement tous les autres. "Ville de Charlemagne, détruite par les Normands ; cité des princes-évêques que Charles le Téméraire saccagea ; ville du Perron, emblème des libertés communales ; capitale de la Wallonie ; porte des Ardennes ; Ville au nom léger, au cœur lourd ; Liège accueillante, fraternelle, binamèye ; sentinelle vigilante aux marches septentrionales de la latinité".

A ce florilège pompeux, l'étranger préférera la formule de Grétry : "Je suis né au pays des bonnes gens." Bonnes gens. Utilisé par tout autre qu'un Liégeois pur sucre, l'expression pourrait paraître vexante. C'est celle, pourtant, qui vient d'abord à l'esprit de celui qui, né au bord d'un autre fleuve, est appelé à parler "des Liégeois". Sortant des Guillemins, "l'étranger", d'où qu'il vienne (Bruxelles, Anvers, Verviers), a le sentiment vrai d'être ailleurs. Rare, en définitive, à une époque de mondialisation.

Dans cette ville pourtant, le beau côtoie comme nulle part ailleurs le délabré. Dans la cité, on a quelques règles de conduite : la fierté d'être "différent", l'amour de la liberté, le goût de la joute et de la fronde, un attachement viscéral et souvent excessif à une "famille" multiforme : fratrie, réseau, clan. Ici ou là-bas la "nation" s'arrête aux portes de la ville et le "nationalisme" est virulent. Dans les mots, jamais dans les actes.

Quant "l'étranger" s'en retournera d'où il est venu, le Liégeois lui tendra donc une main chaleureuse et - c'est frappant - lui dira : "Amusez-vous bien", plutôt que "Portez-vous bien". Car il y a à Liège un goût rare pour le plaisir. La ville est bel et bien la seule héritière belge de cette civilisation latine, qu'elle revendique et qui est le berceau de sa vie. A la prétendue légèreté des Latins, Liège a ajouté sa maîtrise de l'outil et de la matière. Le plus frappant, pourtant, c'est qu'une ville à ce point marquée par un passé glorieux, un présent douteux et un futur anxieux garde au cœur cet indicible mélange de bonhomie, d'audace et de grâce.

Tchantchès, son enfant symbole, apostrophe Dieu lui-même avec désinvolture et sa statue a été édifiée dans un quartier où, disent d'indécrottables Liégeois, on s'apostrophe encore en s'appelant "fré" ou "soûr". C'est sans doute cela le vrai symbole de la Cité ardente.

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# Titre de l'article Auteur Clics
1 Les Ordres Pedro 1072
2 Le Folklore liégeois Pedro 525
3 Verviers, Herve, Malmédy Pedro 1119
4 Un peu d'Histoire Pedro 807
5 L'Héritage Liégeois Pedro 678
6 La ville de Liège : culture et tourisme Pedro 701
7 La ville de Liège : forcer l'avenir Pedro 947